Bretagne et Grand Ouest

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE

Discours par Matthieu Damian, Director de l’Ecole de la Paix au Forum mondial sur les violences urbaine et éducation pour le vivre ensemble et la paix, Madrid, avril 2017. (Voir l’article en anglais.)

A Grenoble nous avons commencé il y a plusieurs années un projet d’éducation à la paix dont l’objectif est d’accompagner les jeunes grenoblois tout au long de leur scolarité à devenir des citoyens engagés et responsables. Puisque je n’ai que 5 minutes, je vais aller directement aux 6 grands point de ce programme.

Tout d’abord, nous faisons un diagnostic du territoire dans lequel nous intervenons. Nous intervenons dans des quartiers compliqués de la ville de Grenoble, où il y a du chômage, où il y a de la violence urbaine etc… Nous allons voir les écoles, les collèges, les lycées les centres socio éducatifs pour leur demander quels sont leurs besoins. Nous n’arrivons pas avec nos solutions, nous demandons d’abord quels sont les besoins.

Ensuite, nous avons cette volonté associative de travailler dans ces différents quartiers sur la durée parce que rien de grand ne peut se faire sans la durée.

Troisièmement, nous proposons un certain nombre d’outils pédagogiques de l’École de la Paix qui sont basés sur ce qu’on appelle des images mentales.

Dans le dessin animé de Pixar, Vice Versa, on parle de 5 grandes émotions : la peur, la colère, la joie la tristesse et le dégoût. On peut voir que les personnages ont pour chacune de ces émotions beaucoup de souvenirs associées, positifs ou négatifs qui sont autant d’images mentales.

Matthieu Damian de l'Ecole de la PaixA l’École de la Paix, nous proposons un certain nombre d’image mentale en faveur du vivre ensemble.

Les images mentales, qu’est ce que c’est ? Ça peut être un conte, une attitude, des actions en faveur de la paix ou évidemment en faveur de la violence. Le présupposé de la logique de l’école de la paix c’est de proposer un certain nombre d’outils pédagogiques en faveur de la paix, pour qu’au moment où l’enfant ou l’élève doit prendre une décision, il aille chercher dans son trésor intérieur et choisisse les images mentales dont il est pourvu pour prendre une bonne décision.

En revanche, on sait que si l’enfant a des images mentales négatives, il sera plus amené à prendre des mauvaises décisions. D’où l’importance de répéter régulièrement des images mentales positives et de les incarner si possible. Car si vous avez des personnes qui parlent d’images mentales positives et qui ne les incarnent pas, il y a évidemment un problème.

Le quatrième aspect est un proverbe africain, « il faut tout un village pour éduquer un enfant ».

L’école de la paix ne réussira pas seule, nous ne sommes pas des magiciens. On fait donc intervenir des juges, des policiers, des pompiers, pour que dans ces endroits où la puissance publique est de moins en moins respectée pour différentes raisons, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, on réinstaure un dialogue entre les pouvoirs publics et certains jeunes. Par exemple, quand le policier arrive en classe, très souvent, les élèves sont dans une attitude corporelle négative, avec le corps penché en arrière. A la fin de l’intervention, leur corps est beaucoup plus penché en avant. Alertes, les enfants sont beaucoup plus à l’écoute et il y a des mains qui se lèvent.

Ça ne change pas tout, évidemment, mais ça contribue à jouer le rôle de société civile.

Cinquième aspect, nous intervenons non pas seulement dans les écoles mais aussi dans des centres socioculturels le mercredi après midi pour redoubler les messages que nous avons passé dans les écoles, parce que la pédagogie, c’est la répétition.

Enfin, nous essayons d’inclure les parents dans notre action. Pour ce faire, on les invite à nos actions via du théâtre forum dans lequel leurs enfants jouent des rôles sur lesquels ils réagissent sur la citoyenneté ou pas. On se rend compte via le théâtre forum que c’est souvent les enfants qui posent problème qui ont eut même les solutions pour le « vivre-ensemble ». Donc ça c’est vraiment quelque chose d’assez génial que que de pouvoir dire à l’enfant qui pose problème « tu poses problème mais tu as aussi la solution, donc montre le nous » et très souvent, ils jouent le jeu avec beaucoup d’envie.

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