Bretagne et Grand Ouest

Film d'Emmanuel Audrain: "Retour en Algerie"

Projections-débats au Cinéma ARVOR, Rennes:
avec deux participants au film, Stanislas Hutin de Rennes et Simone de Bollardière de Guidel

  • Samedi 8 mars, 11h
  • Dimanche 9 mars, 11h

Diffusions France 3:

  • Samedi 22 mars, 15h20: France 3 Bretagne
  • Lundi 24 mars, 8h45: France 3 Pôle Nord-Ouest (Haute et Basse-Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Ile de France)

Producteur délégué: Anne-Marie Yvon, Le Goût du Large. Coproduction: France Télévisions – France 3 Pôle Nord-Ouest. Avec la participation: CNC, Centre National de la Cinématographie et de l’image animée, Le Conseil Général des Côtes d’Armor, La Région Bretagne.

Réalisation et image: Emmanuel Audrain. Assistante à la réalisation et son: Sophie Audrain. Montage: Michèle Loncol. Palette graphique: Alexandre Babelot. Etalonnage: Marcello Cilurzo. Voix: Vincent Spatari. Musiques: Matthieu Saglio (violoncelle), Malika Ouahès (chant traditionnel Kabyle). Sons additionnels et Mixage 5.1: Frédéric Hamelin. Affiche: Sylvie Dessert.

SYNOPSIS

Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur Service militaire ce fut la Guerre d’Algérie. La torture, les « corvées de bois »… sont les blessures dont leur génération n’a pu parler.

50 ans plus tard – à l’heure de toucher leur retraite du combattant – certains, sortent de ce long silence. Ils se regroupent et refusent – pour eux-mêmes – cet argent de la guerre. Ils le collectent et le redistribuent à des associations algériennes. Puis, affrontant, leur douleur et leur honte, ils parlent. Aux jeunes Français, qu’ils vont rencontrer dans les établissements scolaires, ils disent: « Parfois, il faut désobéir… Oser dire Non! »

Cette histoire a bouleversé leurs vies. Mais – aujourd’hui – ils veulent contribuer à en écrire une autre page… Solidaire et fraternelle, celle-là.

Cimetière mémorial d’Ighzer Amokrane

Cimetière mémorial d’Ighzer Amokrane

Djoudi Attoumi, ancien combattant algérien

Djoudi Attoumi, ancien combattant algérien


Le responsable du Cinéma de Gourin: « Je viens, à l’instant de regarder votre Documentaire. Je suis encore un peu sous le choc, mais c’est vraiment très réussi. Mon grand père a fait cette guerre et je comprends mieux pourquoi il n’en a jamais parlé. »

Tramor Quémeneur, historien: « J’ai vu votre très beau film, tout dans la retenue et la justesse. Simple et efficace. »

Claire Mauss-Copeaux, historienne: « Les extraits de témoignages que vous citez évoquent « l’héritage »… Ce qui est révolutionnaire avec les « Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre », c’est qu’ils prennent les moyens d’offrir un autre héritage aux enfants (les leurs et ceux des autres), un héritage de fraternité et de paix. Cela n’a pas de prix. »

Emmanuel Audrain

Emmanuel Audrain est un documentariste, dont les films gravitent autour de deux univers: Le premier c’est la mer. Non pas celle de Trenet ou de Valéry, mais celle, plus grave, que lui inspira le film de Kaminker et Dumaître, tourné en 1958 à l’île de Sein, La mer et les jours.

Depuis son premier film Boléro pour le thon blanc, Ile d’Yeu 1985, en passant par Les enfants de l’Erika, jusqu’à Alerte sur la ressource, en 2002, les films d’Emmanuel Audrain vont au plus près des prises de conscience de notre époque, sans jamais en oublier l’humanité au sens propre, c’est-à-dire le peuple des pêcheurs et autres gens de mer.

Le deuxième univers de ses films, c’est la capacité d’écoute dont ils témoignent, on pourrait presque parler d’amitié comme valeur de plan ou de cadrage… Ce sont des films comme Mémoire des îles, PARTIR accompagné1, Je suis resté vivant!2, Le testament de Tibhirine3. Et tout dernièrement, Retour en Algérie.

Emmanuel se souvient que le travail du documentariste québécois Pierre Perrault, l’a marqué. L’auteur de Pour la suite du monde filme les habitants de l’Ile aux coudres et partage avec eux, dans la durée, l’aventure du tournage. Ce qu’Emmanuel offre le plus généreusement à ceux qu’ils filment, c’est cette aventure du tournage, qu’il paye avec son temps. « Avancer par des chemins, non connus d’avance, » dit-il. Il a pour habitude de tourner, d’envoyer ou de montrer ses images sur DVD, puis de tourner encore… Ses films se font lentement. C’est un engagement, pas toujours facile à vivre économiquement. Mais, ceux qu’il filme ne s’y trompent pas; ils apprécient ce respect et s’étonnent toujours d’être allés aussi loin.

Emmanuel note que ce qui le bouleverse – dans sa vie et dans ses films – « C’est de découvrir chez l’autre, le sens du bien commun. L’intelligence du cœur… »

Philippe Niel, formateur cinéma, Février 2014

 

1 Sur les soins palliatifs, avec Marie de Hennezel
2 Des enfants et des adolescents – blessés à Sarajevo – cherchent à comprendre la folie de la guerre
3 Le documentaire qui a inspiré le scénario Des hommes et des dieux

 

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