Bretagne et Grand Ouest

Du 20 au 23 mai 2018 a eu lieu au Vietnam, un séminaire international organisé par l’institut vietnamien pour la paix et le développement sur le thème « identification de la solidarité internationale des peuples pour la paix, la sécurité et le développement durable » pour lequel Roland Nivet a été invité d’y participer.

Vous trouverez ici la contribution de Roland Nivet, co-secrétaire national et Porte-parole national du Mouvement de la Paix

Plus d’informations : comptes rendus, messages, photos sur notre page en Une du site internet : www.mvtpaix.org/wordpress/campagne-asie

DU 20 AU 23 MAI 2018 – VIETNAM SÉMINAIRE INTERNATIONAL ORGANISE PAR L’INSTITUT VIETNAMIEN POUR LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT SUR LE THÈME « IDENTIFICATION DE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE DES PEUPLES POUR LA PAIX, LA SÉCURITÉ ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE »
Contribution de Roland Nivet, Co-secrétaire national et Porte-parole national du Mouvement de la Paix en France

Bonjour,
Je suis très heureux d’être parmi vous.
Je remercie tout particulièrement la fondation vietnamienne pour la paix et le développement de m’avoir invité à ce séminaire où je représente le Mouvement de la Paix français.
C’est mon premier séjour au Vietnam, et j’en ressens une grande émotion.
Comme beaucoup de personnes de mon âge, mes engagements politiques, sociaux et pacifistes résultent d’une prise de conscience qui a été marquée par la lutte héroïque du peuple vietnamien pour sa liberté.
Je me souviens qu’une de mes premières manifestations à Paris a eu lieu en 1975 pour célébrer en présence de la délégation vietnamienne la fin de la guerre du Vietnam.
Enfin, comme certains d’entre vous le savent peut-être, quand Ho Chi Minh venait en France, il était hébergé chez Lucie et Raymond Aubrac deux résistants au fascisme qui ont été parmi les principaux membres fondateurs du Mouvement de la Paix. Ho Chi Minh était le parrain d’un de leurs enfants.

LA PAIX EST LE SEUL CHEMIN POUR L’AVENIR DE L’HUMANITE

I – QUELQUES CONSTATS ET ANALYSES GENERALES

  • I. 1. Des guerres et des violences extrêmes, dans un monde incertain dominé par des logiques financières et de puissance, qui sont sources d’inquiétudes légitimes des peuples pour la paix et pour une sécurité humaine internationale

Sur presque tous les continents et en particulier sur le continent africain et au moyen orient des conflits et des violences ensanglantent des États, des régions, opposent des communautés. Des tensions fortes existent aussi en Asie.

Le Moyen-Orient est à feu et à sang, avec en particulier le drame vécu par la Syrie, à cause essentiellement de l’invasion de l’Irak par les Usa, l’Otan et leurs alliés en 2003 et de l’intervention en Libye qui a aggravé la situation en jetant toute la région subsaharienne dans la guerre et l’insécurité.

Le terrorisme alimenté par des extrémismes violents frappe aveuglément dans de nombreuses régions et en particulier en l’Irak et Syrie avec Daesh mais aussi en France, en Belgique avec les attentats de 2015 et 2016 et un peu partout dans le monde.

La situation est aggravée par la volonté des USA et d’Israël ne de pas répondre aux droits légitimes du peuple palestinien victime ces jours ci d’une violence inadmissible avec une centaine de morts abattus avec sauvagerie par l’armée israélienne tirant à balles réelles contre des jeunes sans armes.

La crise ukrainienne et les conflits en suspens dans les républiques de l’ex Union Soviétique sont alimentés par les provocations de l’Otan et sa volonté d’encercler la Russie mais aussi la volonté de l’UE de détacher l’Ukraine de ses partenariats orientaux alors que ce pays a intérêt à avoir des partenariats à la fois avec l’Europe occidentale et avec la Russie pour assurer les conditions de son développement.

  • I. 2. L’aspiration commune des peuples à la paix est contrariée par un capitalisme financier guidé par la recherche de profits immédiats

Alors que les potentialités scientifiques et intellectuelles d’aujourd’hui devraient permettent de satisfaire les immenses besoins d’un développement durable pour les peuples, les dépenses mondiales militaires ne cessent d’augmenter, atteignant d’après le SIPRI 1739 milliards de dollars en 2017.Pourtant seulement 9 % de ces dépenses pendant 10 ans permettraient de résoudre d’après le PNUD les principaux problèmes auxquels l’humanité est confrontée (alimentation en eau, analphabétisme, sécurité alimentaire etc.).

En revanche, le budget des Nations Unies pour les opérations de paix n’est que de 8,7 milliards de dollars soit seulement 0,5% des dépenses mondiales militaires annuelles et la contribution des Etats les plus riches pour réduire les inégalités de développement résultant des dominations coloniales antérieures est très insuffisant.

Les mécanismes mis en œuvre par un système économique et politique dominé par les grandes multinationales et leurs commis politiques s’opposent à la concrétisation de l’aspiration des peuples à la paix. Les logiques financières à l’œuvre au plan mondial sous la domination de quelques multinationales plus riches que bien des Etats, poussent à la recherche de profits financiers à court terme, et empêchent de satisfaire cette aspiration. Ces mécanismes alimentent des affrontements internes aux sociétés et entre les puissances financières ou étatiques les plus importantes pour la détermination de zones d’influence, tant pour l’accaparement des richesses que pour la maîtrise des leviers de décisions au plan économique et politique. Ils plongent des millions de personnes dans la misère, la violence, la guerre, alimentent le dérèglement climatique et empêche la réalisation des objectifs du développement durable. Ce système, malgré les résistances des peuples conduit à une fragilité accrue des existences et de la planète et à une remise en cause d’une sécurité humaine que les potentialités scientifiques et intellectuelles d’aujourd’hui permettent de satisfaire.

Le système capitaliste mondialisé et financiarisé à outrance, à travers des logiques impérialistes et malgré la nécessité de répondre au moins partiellement aux résistances des peuples, tente d’imposer des logiques de militarisation des relations internationales contraires aux aspirations des peuples.

L’élection de Trump aux USA et la montée des extrêmes droites et des nationalismes racistes et xénophobes en Europe rajoutent de l’incertitude aux fragilités du monde actuel.

  • I. 3. Un constat largement partagé : la guerre est toujours un échec. La paix est le seul chemin pour l’avenir de l’humanité

Les peuples constatent que les interventions militaires et les guerres n’aboutissent qu’à des échecs. Elles contribuent à déconstruire les sociétés civiles et à provoquer la mort, les destructions, les désastres, l’instabilité. Elles amènent de nouvelles guerres sans apporter aucune solution. Elles aggravent tous les problèmes. Les populations civiles qui ne demandent qu’à vivre en paix en sont les principales victimes et sont pour une part jetées sur le chemin de l’exil. La méditerranée est transformée en cimetière pour ceux et celles qui fuient les guerres et la misère. Les stratégies conduites essentiellement par les USA et l’OTAN qui prétendaient combattre le terrorisme par l’augmentation des dépenses d’armement et par la guerre n’ont conduit qu’à son extension. Elles ont semé la guerre et les peuples récoltent encore plus d’insécurité.

Les logiques financières conduisent à une mercenarisation sous l’égide des vendeurs d’armes avec des sociétés de mercenaires quasiment cotées en bourse.

Dans le même temps partout dans le monde des résistances fortes contre les guerres, les violences, les régressions sociales se développent. Des alternatives sociales, pacifistes et éco-respectueuse s’élaborent pour l’accès à la culture, le mieux-être, l’emploi, le développement durable à l’initiative en particulier des jeunes et des femmes.

Les luttes populaires actuelles en France en témoignent, l’expérience portugaise en cours aussi.

Dans le Maghreb et en Afrique les sociétés civiles avec aux avant-postes les jeunes et les femmes font avancer beaucoup de choses en contribuant souvent à transformer les choses dès le niveau local. De nouvelles solidarités entre les peuples du « sud et du nord ».s’établissent en profitant des réseaux sociaux et des nouveaux moyens de communication. Ainsi récemment en République Démocratique du Congo (RDC) en particulier au Kivu des milliers de jeunes ont organisé des concerts pour la paix. En RDC toujours des milliers de femmes se sont réunis à Beni en une immense chorale populaire exigeant la paix dans cette région, avec la participation d’un nouveau Mouvement de la paix créé au Rwanda, en RDC et au Burundi dans le cadre d’un partenariat entre le Mouvement de la paix français et des militants de cette région rencontrés au Forum social mondial de Tunis. La mobilisation des jeunes aux USA contre les lobbies des ventes d’armes est aussi signe que des choses bougent tout comme les luttes étudiantes et les mobilisations pour des solutions de paix au moyen orient.

  • I. 4. Les objectifs du millénaire pour le développement durable n’ont pas été atteints

Dans ce contexte, les engagements pris par les chefs d’État en l’An 2000 et réaffirmés en 2005 pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement destinés à réduire de moitié la pauvreté dans le monde, n’ont pas été totalement tenus malgré des avancées.et des progrès non négligeables souvent dus aux dynamiques internes des peuples plus que de volontés politiques des états. Les initiatives des jeunes partout dans le monde sur toutes les questions du développement durable, de la paix sont multiples, parfois dispersées, mais réelles. L’exemple des jeunesses africaines est éclairant à cet égard. Pourtant dans le même temps toutes les 10 secondes, un enfant meurt de la faim ou des conséquences de la faim. Un milliard d’habitants de la planète vivent dans l’extrême pauvreté. C’est un facteur majeur d’insécurité sociale, de violences et de conflits armés. En effet, le sous-développement, la misère, le chômage, les injustices, le manque de démocratie, l’analphabétisme, l’obscurantisme constituent le terreau favorable à toutes les instrumentalisations qui favorisent les haines, les affrontements, les conflits et empêchent encore plus les peuples d’assurer leur sécurité alimentaire et de bénéficier des avancées scientifiques et techniques considérables de la période actuelle.

Les objectifs à atteindre et les défis à relever pour la paix impliquent la remise en cause des choix édictés par les institutions financières, économiques et politiques internationales (FMI, banque mondiale, OMC) et leurs relais nationaux et internationaux étatiques ou privés les plus puissants (G7 par exemple). Ce dispositif vise à gouverner le monde sans concertation avec les Etats les moins puissants ni avec les Nations Unies.

II – L’UNION EUROPEENNE ET LA FRANCE ARRIMEES A L’OTAN

  • II. 1. L’UE arrimée à l’Otan se militarise, tente de soumettre les peuples aux logiques de rentabilité d’une libre concurrence sauvage, tente d’imposer des politiques d’austérité. Autant de facteurs qui favorisent la montée des populismes et de l’extrême droite malgré des résistances pas assez coordonnées

L’union européenne a arrimé sa politique de sécurité à l’OTAN. Or la conception de l’OTAN sous domination des USA est d’assoir la sécurité sur des logiques de puissance et d’interventions militaires contraires à l’esprit de la charte des Nations unies.

Au niveau de l’Europe géographique; l’OTAN contribue à développer des facteurs d’insécurité en particulier à cause de sa volonté d’étendre son emprise sur les ex- Etats membres du pacte de Varsovie, d’encercler la Russie à travers l’installation de son bouclier antimissile, en développant des manœuvres militaires dans les pays baltes avec la participation de la France et en exigeant une augmentation des dépenses militaires de l’union européenne et des Etats européens.

Le Conseil Européen de juin 2017 sur la sécurité et la défense a accentué ces orientations en préconisant le développement d’une industrie européenne militaire et de défense, un approfondissement des relations de l’OTAN, en créant un fonds européen de défense qui est doté de 50 milliards d’euros et dont la mission principale consisterait au développement d’une industrie militaire européenne « compétitive ».

Enfin le dépôt d’armes atomiques étasuniennes dans plusieurs pays européens constitue avec les armes atomiques françaises, britanniques et russes un danger pour l’ensemble de l’humanité et sont l’antithèse du développement durable évoqué au paragraphe ci-dessus. Par ailleurs l’union européenne a réduit à néant la souveraineté du peuple grec et lui a imposé une véritable guerre économique. Ces politiques néolibérales mettent les peuples en concurrence et conduisent à créer des murs, à développer la xénophobie, la haine de l’étranger et à la montée des forces néo-fascistes. Les migrants qui fuient les guerres et la misère sont considérés comme des délinquants et victimes de violences inadmissibles. Seul le capital circule librement et s’évade vers les paradis fiscaux.

Mais des résistances encore nettement insuffisantes s’organisent entre les peuples, des coopération entre les Mouvements de paix (relations bilatérales ou réseaux entre les mouvements de paix (Angleterre, écosse Irlande, GB, Belgique, Balkans, Italie, Portugal, Allemagne, France, etc.) coalition européenne contre l’Otan, travail en commun lors de la récente commission du TNP, soutien de plusieurs Etats au processus de désarmement nucléaire, vote du parlement européen favorable au désarmement nucléaire, expérience progressiste en cours au Portugal.

La volonté de Trump de rompre unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien suscite des réactions intéressantes en particulier de l’Allemagne et nous devons pousser pour un front commun de l’UE et de la Russie pour la préservation de cet accord.

  • II. 2. La France poursuit une politique favorisant la militarisation des relations internationales et les ventes d’armes, et fait obstacle au désarmement nucléaire

II.2.1. La loi de programmation militaire 2019-2025 : 295 milliards au service de la militarisation, des ventes d’armes et donc de la guerre

Le nouveau président de la République a fait voter en Mars 2018 pour la période 2019-2023 une loi de programmation militaire qui prévoit 295 milliards de dépenses militaires Cette loi confirme que les industries de l’armement sont considérées comme un élément pour la compétitivité de la France à travers les ventes d’armes comme le confirme les liens renforcés avec l’Arabie Saoudite. C’est sur cette base que lors des 5 dernières années, les exportations d’armes de la France sont passées de 5 à 17 milliards d’Euros pour la grande satisfaction d’un lobby militaro-industriel qui contrôle 80 % des médias. Cette loi vise à augmenter, comme le demande l’Otan, le budget jusqu’à 2 % du PIB, soit une augmentation d’une dizaine de milliards d’Euros par an à l’horizon 2025.

II.2.2-La France tourne le dos aux négociations sur le désarmement nucléaire tout en se prévalant du multilatéralisme

Alors qu’en application du TNP (Traité sur la Non-prolifération des armes nucléaires), le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) vient d’être adopté par 122 Etats à l’ONU en juillet 2017 et que le Prix Nobel de la Paix a été attribué au Réseau ICAN, la France réaffirme son attachement à la dissuasion nucléaire et refuse de participer aux négociations au sein des Nations Unies sur la question du désarmement nucléaire. La loi de programmation prévoit de doubler les crédits consacrés actuellement aux armes nucléaires dans le budget de la France afin, de renouveler intégralement la flotte de sous-marins nucléaires soit 40 milliards en 6 ans mais 120 milliards sur 20 ans si par malheur nous n’arrivons pas à arrêter ce programme.

III. QUELS SONT LES OUTILS DONT NOUS DISPOSONS POUR AVANCER DANS LA CONSTRUCTION DE LA PAIX

  • La charte des Nations Unies et les textes fondateurs des droits humains (droits économiques, sociaux etc.)

Il importe d’exiger le respect de la charte des Nations Unies et de son article 4 qui stipule que : « les membres de l’organisation s’abstiennent dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ». De même il convient de se battre pour le respect de l’article 26 de la charte qui demande de: « favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationale en ne détournant vers les armements que le minimum de ressources humaines et économiques du monde ».

  • Les résolutions des Nations Unies sur la culture de la paix,

L’Assemblée générale (AG°) des Nations Unies dans sa résolution 53/13 du 15 janvier 1998 stipule que « la tâche assignée à l’ONU (préserver les générations futures du fléau de la guerre) appelle une transition vers une culture de la paix, consistant en des valeurs, des attitudes et des comportements qui reflètent et favorisent la convivialité et le partage fondés sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, tous les droits de l’homme, la tolérance et la solidarité, qui rejettent la violence et inclinent à prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation et qui garantissent à tous la pleine jouissance de tous les droits et les moyens de participer pleinement au processus de développement de leur société ». Cette résolution et les résolutions suivantes définissent huit domaines d’action dans lesquels elles invitent les peuples, les Etats, les ONG, les institutions nationales et internationales, tous les secteurs de l’éducation, les médias, les syndicats, etc. à intervenir pour :

  1. Promouvoir la paix et la sécurité internationales
  2. Promouvoir le respect de tous les droits humains
  3. Promouvoir le développement économique et social durable
  4. Assurer l’égalité entre les hommes et les femmes
  5. Favoriser la participation démocratique
  6. Développer la compréhension, la tolérance et la solidarité
  7. Soutenir la communication participative et la libre circulation de l’information et des connaissances
  8. Renforcer la culture de la paix par l’éducation

Le concept de culture de la paix porte donc un potentiel révolutionnaire mais pour acquérir toute sa force et son efficacité, il a besoin que les peuples se l’approprient, le fassent vivre et agissent pour son application concrète. La culture de la paix, c’est le refus de la fatalité des maux qui affligent l’humanité, et donc une source d’espoir pour les bâtisseurs d’un autre monde fait de justice et de paix.

  • La résolution de l’Onu sur les Objectifs du développement Durable (ODD)

L’Assemblée générale, réunie au Sommet des Nations Unies sur le développement durable qui a eu lieu du 25 au 27 septembre 2015, a adopté la résolution 70/1 : « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».

Ces 17 objectifs comme pour la culture de la paix sont des points d’appui pour les luttes des peuples au plan mondial car ils s’attaquent aux causes sous-jacentes des conflits et intègrent la paix, le développement durable, les droits de l’homme et la justice sociale en les liant. De plus ils intègrent deux défis majeurs : l’éducation et l’emploi décent des jeunes qui sont essentiels pour des sociétés stables et sures.

Les objectifs de développement durable, d’après le texte de la résolution, « guideront l’action à mener au cours des 15 prochaines années dans des domaines qui sont d’une importance cruciale pour l’humanité et la planète ».

Objectif 1. Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde

Objectif 2. Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable

Objectif 3. Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge

Objectif 4. Assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie

Objectif 5. Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles

Objectif 6. Garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable

Objectif 7. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable

Objectif 8. Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous

Objectif 9. Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation

Objectif 10. Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre

Objectif 11. Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables

Objectif 12. Établir des modes de consommation et de production durables

Objectif 13. Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions*

Objectif 14. Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable

Objectif 15. Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité

Objectif 16. Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous

Objectif 17. Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser

  • La convention internationale contre le dérèglement climatique ((COP21) malgré ses insuffisances

Les dangers que les conséquences du dérèglement climatique peuvent entrainer pour la paix sont énormes.

Par exemple, toute élévation du niveau de la mer dans les régions à forte densité littorale et dans les deltas comme c’est le cas en Asie peuvent entrainer des frottements démographiques incalculables et générateurs de conflits. A l’inverse la désertification de certaines régions a des effets identiques.

Cette convention est un succès des luttes pour un développement durable. Il est déplorable que les USA veuillent se retirer de cet accord. Ils ont en effet une responsabilité écrasante en la matière mais aussi pour trouver des solutions aux conséquences des guerres que cet Etat a conduit (agent orange au Vietnam, la destruction de l’Irak, violation du TNP etc.).

  • Le traité d’interdiction des armes nucléaires

Ce traité couvre tout l’éventail des activités liées aux armes nucléaires, interdisant à tout État partie de s’engager dans le développement, le test, la production, la fabrication, l’acquisition, la possession ou le stockage, la menace d’utilisation d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs C’est une grande victoire pour les peuples du monde entier. Après les armes chimiques et les armes bactériologiques, ce sont les armes nucléaires qui sont interdites en tant qu’armes de destruction massive, sur la base d’un Traité d’interdiction.. L’humanité dispose désormais d’un instrument juridique pour éliminer des armes qui peuvent mettre en cause la survie de l’humanité y compris par accident. En revanche, il va falloir gagner la bataille de la ratification et bien des obstacles restent à relever.

  • L’aspiration à la paix et l’intervention des opinions publiques

L’aspiration à vivre en paix est une aspiration commune à l’immense majorité des peuples et des individus de la planète. La plupart des résultats ont été obtenus grâce à l’intervention des peuples. C’est notre levier principal en tant que Mouvements de paix.

Les succès indiquent que l’action des peuples pour construire un monde de paix est indispensable et efficace. Mais ces actions sont d’autant plus efficaces qu’elles trouvent des relais, des appuis, des convergences dans tous les secteurs de la société et ce au plan local national et international et qu’elles peuvent rassembler à la fois les citoyens, des Etats, des institutions nationales et internationales. Tous les exemples ci-dessus ont bénéficié de ces convergences.

IV – QUELS SONT LES OBJECTIFS DE CONVERGENCE POSSIBLES ?

  • La lutte pour la paix et un développement durable et juste. La diminution des dépenses militaires, l’arrêt de commerce des armes et l’affectation des économies réalisées au bénéfice des Objectifs du Développement Durable et de la satisfaction des besoins sociaux.
  • La ratification du Tian et l’élimination des armes nucléaires.
  • La défense de la convention sur le climat (cop21) et son amélioration.
  • La revalorisation des Nations Unies et du multilatéralisme par le respect des principes de la Charte des Nations Unies.
  • Pour l’Europe, l’initialisation d’un processus Helsinki 2 visant à faire de l’espace Européen depuis la Russie jusqu’à l’Irlande et dans sa relation avec les autres continents et en particulier l’Asie et l’Afrique un lieu de coopérations et non de confrontations dans un monde multipolaire ou les tentations de la force et de la guerre sont présentes. Cela implique aussi la proposition de faire de l’Europe une ZEAN.
  • La lutte contre les racismes, la xénophobie et la montée des extrêmes-droites fascisantes.
  • La dissolution de l’Otan et la fermeture des bases militaires à l’étranger.

V – UN RAPPORT DE FORCES QU’IL FAUT TRAVAILLER

  • V. 1. Une Situation contrastée

Les lobbies militaro industriels sont puissamment organisés et soutiennent avancent leurs des projets de régression sociale y compris par le développement de la guerre et la militarisation des relations internationales partout où ils le peuvent.

Si les peuples ont obtenus des résultats importants grâce à des luttes opiniâtres sur le moyen et le long terme, la situation reste préoccupante et les menaces contre la paix sont réelles.

Bien sûr, chaque organisation, dans son pays avec des actions ponctuelles avec d’autres partenaires au plan international, conduit des luttes et construit des rassemblements. Nous arrivons de temps à autre à trouver des moments de convergence au plan international. Mais force et de constater que les mobilisations pour la paix ne sont pas au niveau où elles devraient être en relation avec la gravité de la situation.

  • V. 2. Tirer les leçons de la mobilisation mondiale de 2003 et de la victoire que constitue l’obtention du TIAN en matière de mobilisations internationales

Il y a deux exemples particulièrement illustratifs en ce qui nous concerne à savoir la grande manifestation mondiale de 2003 pour s’opposer à la guerre en Irak et la lutte menée ces dernières années pour l’obtention du traité d’interdiction des armes nucléaires.

Quand on parle d’aspiration à la paix, de mobilisation des opinions publiques contre la guerre il faut revenir sur la manifestation de 2003. C’’est la plus grande manifestation qui ait jamais eu lieu contre la guerre .Une manifestation mondiale qui a réuni des millions de personnes pendant deux jours de Melbourne à San Francisco. Elle exprime bien l’aspiration des peuples C’est l’action combinée des opinions publiques et de toutes ces organisations, de certains Etats, d’institutions, de syndicats etc. qui a été aussi à l’origine en 2003 du plus grand mouvement contre la guerre jamais connu. Cette mobilisation n’a pas empêché la guerre impérialiste mais a réussi à empêcher la légalisation de cette guerre par l’ONU comme le voulaient les USA. Elle montre les immenses réserves de forces pour la paix qui existent dans le monde.

Pour ce qui concerne le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ce qu’il y a d’original c’est que la bataille pour obtenir ce traité résulte d’une nouvelle dynamique qui a été engagée à travers la constitution d’une vaste convergence internationale fondée sur l’approche humanitaire et regroupant des O.N.G. internationales dont la Croix-Rouge, des institutions internationales dont les Nations Unies, des Etats, des organisations syndicales mondiales, des réseaux mondiaux d’élus et de parlementaires, les mouvements de paix et bien d’autres organisations.

Ces deux exemples sont intéressants à méditer pour nos luttes futures, car ils donnent des indications sur la manière de les mener afin d’obtenir des résultats concrets.

  • V. 3. N’est-ce pas le moment de lancer une dynamique unitaire au plan mondial visant à rassemblant les forces et dynamiques en faveur de la paix ?

La question posée est donc de savoir comment contribuer, à susciter des convergences d’initiatives afin de que l’immense aspiration des peuples à la paix (à travers les luttes pour la justice, la fraternité, la solidarité, le progrès social) s’exprime avec force et montre son poids politique et social.

Pour ce qui concerne les mouvements de paix, ne devrions- nous pas à l’occasion de ce séminaire lancer des pistes de travail afin de générer de nouvelles dynamiques qui fassent converger les luttes sociales, les luttes pour l’environnement; pour un développement durable, pour la préservation de la planète, pour les droits des femmes, pour les droits humains et contre le racisme et la xénophobie, pour la solidarité avec les migrants et réfugiés avec les luttes et initiatives pour la paix et le désarmement ?

La situation de ce moment est suffisamment préoccupante pour que nous réfléchissions comment rendre visibles, plus efficaces les mouvements de paix et comment créer et amplifier les actions communes entre tous les mouvements. Comment faire pour que par-delà leur grande diversité de toutes les organisations qui participent à la lutte pour la paix, pour le bien-être social, pour un développement durable, contre le racisme et la xénophobie et pour l’amitié entre les peuples fassent converger leurs actions autour des objectifs prioritaires ci-dessus pour obtenir des résultats ?

La situation actuelle nécessite des initiatives ambitieuses, voir inédites, pour favoriser des moments unitaires de lutte pour la paix sur des objectifs précis au plan mondial par exemple à l’occasion de la journée internationale de la paix ou lors du 26 septembre pour le désarmement nucléaire. L’objectif est d’atteindre des mobilisations du type de celles que nous avons connues en 2003.

Ce séminaire ne constitue-t-il pas l’occasion, de lancer un processus de nature à fédérer toutes les énergies existantes pour la paix au plan mondial et ce dans le respect de la grande diversité qui caractérise ces énergies ?

Le peuple vietnamien avec ses organisations, ses mouvements de paix, ses responsables, compte tenus du lourd tribut qu’il a payé contre les guerres impérialistes, mais aussi de ses expériences et de sa culture du rassemblement forgée dans les épreuves qu’il a subies, possède toute la légitimité nécessaire pour proposer de telles initiatives rassembleuses et innovantes au plan mondial. L’objectif est non seulement de favoriser la convergence entre les organisations agissant pour la paix, mais aussi de favoriser les convergences avec des institutions internationales, les organisations associatives, syndicales, les ONG, des Etats etc.

  • V.4. Notre travail de rassemblement en France

Après la succession d’attentats terroristes qu’a connus la France de 2016, le Mouvement de la paix a pris l’initiative de lancer un appel pour l’organisation de marches pour la paix. Un d’un collectif national pour la paix a été constitué pour exprimer haut et fort les exigences de paix. Ce collectif a été créé sur la base d’un texte qui stipule : « l’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense. Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions d’appartenance ou de sensibilité philosophique, politique, religieuse, syndicale ou autre ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune ».

Il rassemble aujourd’hui 150 organisations très diverses (associations, syndicats, collectifs divers, mouvements féministes, mouvements altermondialistes, partis politiques, etc.).

Le collectif ainsi constitué est engagé dans certain nombre d’actions dont :

  • Organisation de 40 marches pour la paix dans 40 villes réunissant de l’ordre de 12 à 15 000 personnes le 22 septembre 2017
  • l’élaboration (grâce à un travail commun de 53 organisations) d’un livre blanc pour la paix destiné à proposer des alternatives aux politiques militaristes des gouvernements successifs de la France. (Actuellement 3500 exemplaires de ce livre ont été vendus et un retirage de 3000 exemplaires est en cours.)
  • la réalisation d’un film « la bombe et nous » qui permet la multiplication de débats à travers toute la France, en partenariat avec de nombreuses organisations et des partenariats locaux avec les cinémas, pour contester et remettre en cause la dissuasion nucléaire
  • la mise en œuvre d’une pétition nationale pour demander que la France ratifie le traité d’interdiction des armes nucléaires, arrête ses programmes de modernisation des armes atomiques, réaffecte les crédits économisés aux besoins sociaux, pour une politique de paix basée sur les huit domaines de la culture de la paix
  • la préparation de marches pour la paix le 22 septembre 2018 dans le cadre de la journée internationale de la paix
  • la réalisation le 14 octobre 18 de manifestations devant les sites où sont fabriquées ou stockées les armes atomiques françaises.

D’autres collectifs thématiques existent (ICAN, paix en Palestine, contre l’Otan, pour la solidarité aux migrants etc.) qui associent le Mouvement de la Paix.

Le Mouvement de la Paix est aussi membre du collectif qui va organiser une grande manifestation populaire en France le 26 mai contre les réformes rétrogrades du gouvernement actuel et contre sa politique militariste.

Pour son avenir l’humanité n’a pas d’autres chemins que la paix !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Archives