{"id":4162,"date":"2013-09-12T16:38:17","date_gmt":"2013-09-12T14:38:17","guid":{"rendered":"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/?p=4162"},"modified":"2013-09-12T16:38:37","modified_gmt":"2013-09-12T14:38:37","slug":"iris-il-faut-promouvoir-une-solution-politique-en-syrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/2013\/09\/12\/iris-il-faut-promouvoir-une-solution-politique-en-syrie\/","title":{"rendered":"IRIS: \u00ab\u00a0Il faut promouvoir une solution politique en Syrie\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Article de Didier Billion, directeur adjoint de l&rsquo;Institut de Relations Internationales et Strategiques (IRIS), <a href=\"http:\/\/www.affaires-strategiques.info\/spip.php?article8589\" title=\"Il faut promouvoir une solution politique en Syrie\" target=\"_blank\">publi\u00e9 le 9 septembre 2013<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>\n<img data-attachment-id=\"4164\" data-permalink=\"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/2013\/09\/12\/iris-il-faut-promouvoir-une-solution-politique-en-syrie\/logo-iris\/\" data-orig-file=\"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-IRIS.jpg\" data-orig-size=\"200,112\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Logo IRIS\" data-image-description=\"&lt;p&gt;Logo IRIS&lt;\/p&gt;\n\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-IRIS.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-IRIS.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-IRIS.jpg\" alt=\"Logo IRIS\" width=\"200\" height=\"112\" class=\"alignright size-full wp-image-4164\" \/><\/p>\n<h2>Il faut promouvoir une solution politique en Syrie<\/h2>\n<p><strong>Depuis le 21 ao\u00fbt les d\u00e9clarations et les postures guerri\u00e8res se font de plus en plus fortes \u00e0 l\u2019encontre du r\u00e9gime syrien et de probables frappes militaires, qualifi\u00e9es de punitives, vont \u00eatre mises en \u0153uvre par quelques \u00c9tats dans les jours \u00e0 venir, sans que l\u2019on sache tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment leurs objectifs et sans que l\u2019on mesure les cons\u00e9quences potentiellement d\u00e9sastreuses qu\u2019elles pourraient entra\u00eener. Face aux raisonnements binaires et le recours aux arguments moraux, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9tablir le d\u00e9bat politique, d\u2019affronter la complexit\u00e9 de la situation et de trouver une solution qui permette de sortir de cette terrible crise.<\/strong><\/p>\n<p>Au nom du concept de crime contre l\u2019humanit\u00e9, l\u2019argument de l\u2019emploi de l\u2019arme chimique est utilis\u00e9 par les partisans d\u2019une intervention militaire pour justifier leur position. Plusieurs questions se posent imm\u00e9diatement. La premi\u00e8re r\u00e9side dans le fait que la d\u00e9finition de crime contre l\u2019humanit\u00e9 contenue dans le statut de Rome cr\u00e9ant la Cour p\u00e9nale internationale ne mentionne pas en tant que telle l\u2019utilisation des armes chimiques. En d\u2019autres termes, cela signifie que l\u2019utilisation de l\u2019argument de crime contre l\u2019humanit\u00e9 ne proc\u00e8de pas, dans ce cas, du droit international mais d\u2019une appr\u00e9ciation morale. Or si la morale remplace le droit, le danger est immense pour l\u2019avenir des relations internationales. En effet, la morale, dont d\u00e9coulent les sanctions, est toujours \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des plus forts. Or, ni la France ni aucun autre \u00c9tat ne peuvent inventer un droit \u00e0 leur mesure en marge du droit international reconnu par l\u2019ONU. <\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Hollande dans son discours aux ambassadeurs fran\u00e7ais, le 27 ao\u00fbt, a expliqu\u00e9 que le droit international doit \u00e9voluer avec son temps et a \u00e9voqu\u00e9 le principe de \u00ab\u00a0la responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger\u00a0\u00bb les populations civiles, vot\u00e9 par l\u2019ONU en 2005. Le probl\u00e8me, c\u2019est que l\u2019unique fois o\u00f9 il y a eu recours au principe de responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger, le 17 mars 2011, lors du votre de la r\u00e9solution 1973 sur la Libye adopt\u00e9e par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019abstention de la Russie et de la Chine, l\u2019application de cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9voy\u00e9e, dans l\u2019esprit et dans la lettre, dans le sens d\u2019un changement de r\u00e9gime. Ainsi, par l\u2019interpr\u00e9tation arbitraire qui a \u00e9t\u00e9 faite de la r\u00e9solution 1973, la notion de responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger a \u00e9t\u00e9 passablement discr\u00e9dit\u00e9e non seulement aux yeux de la Russie et de la Chine, mais aussi de la plupart des pays \u00e9mergents qui refusent la notion d\u2019ing\u00e9rence, qui n\u2019existe pas dans la Charte de l\u2019ONU. En outre, le document final adopt\u00e9 par le Sommet mondial de 2005 &#8211; r\u00e9union pl\u00e9ni\u00e8re de haut niveau de la 60e session de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019ONU r\u00e9unissant quelque 150 chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement -, dans ses paragraphes 138 et 139, pr\u00e9cise que la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger incombe d\u2019abord \u00e0 chaque \u00c9tat et \u00e0 d\u00e9faut \u00e0 l\u2019ONU \u00ab\u00a0par une action collective r\u00e9solue par l\u2019entremise du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la Charte\u00a0\u00bb. Voici ce que le droit international explique. Comment la France ou tout autre \u00c9tat interventionniste pourrait passer outre? L\u2019ONU, en d\u00e9pit de toutes ses errances, reste le seul d\u00e9positaire de la l\u00e9galit\u00e9 internationale et nul ne doit pouvoir s\u2019en affranchir. Les partisans de l\u2019intervention militaire expliquent que, devant la gravit\u00e9 de la situation, il faut une r\u00e9action forte tout en pr\u00e9cisant que cette derni\u00e8re ne se fixera pas le but d\u2019abattre le r\u00e9gime de Bachar Al-Assad. Quel sera alors l\u2019objectif politique? S\u2019agit-il d\u2019une posture, d\u2019un roulement d\u2019\u00e9paules, d\u2019un froncement de sourcils pour faire peur ou punir le dictateur? Dans cette hypoth\u00e8se, on peut douter que ce soit la bonne m\u00e9thode et que le r\u00e9gime syrien soit v\u00e9ritablement impressionn\u00e9. Quels seront les objectifs militaires? Usines de production d\u2019armes chimiques? Absurde. Postes de commandement? Absurde. Ces derniers sont en en zone urbaine et nul ne peut imaginer que des frappes ciblent les villes. Terrains d\u2019aviation? Peut-\u00eatre, mais l\u2019essentiel des combats sont terrestres, en milieu urbain, et, d\u2019un strict point de vue militaire, de telles frappes ne modifieront pas les rapports de force entre les camps qui s\u2019affrontent.<\/p>\n<p>A contrario, des frappes ajouteront du chaos au chaos dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 en large partie disloqu\u00e9e par la guerre civile et renforceront les groupes djihadistes les plus radicaux dont plusieurs sont affili\u00e9s \u00e0 Al Qa\u00efda. L\u2019opposition d\u00e9mocratique syrienne, d\u00e9sormais probablement minoritaire, sera encore plus marginalis\u00e9e. Le chaos risque aussi de s\u2019\u00e9tendre au niveau r\u00e9gional. Tout d\u2019abord, la menace de frappe a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 amplifi\u00e9 le flot de r\u00e9fugi\u00e9s dans les pays voisins avec les risques de d\u00e9stabilisation sociale que cela induit en leur sein. Ensuite, le pouvoir syrien n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 multiplier les actes de d\u00e9stabilisation dans ces m\u00eames pays et le chaos syrien pourrait alors s\u2019\u00e9tendre au Liban, \u00e0 la Jordanie, \u00e0 la Turquie. Enfin, au sein des peuples du Moyen-Orient, de tels bombardements ne manqueront pas d\u2019alimenter la th\u00e9orie du choc des civilisations et de renforcer ses partisans. Une fois de plus, des nations occidentales s\u2019arrogent le droit de d\u00e9cider et d\u2019imposer leur ordre. C\u2019est ainsi que seront per\u00e7us les bombardements, dans un moment de fortes polarisations r\u00e9gionales. La pr\u00e9occupante d\u00e9gradation de la situation irakienne ces deniers mois devrait inciter les bellicistes \u00e0 plus de retenue\u2026<\/p>\n<p>L\u2019occidentalisme essaie de se camoufler en droit-de-l\u2019hommisme, mais il ignore les r\u00e9alit\u00e9s, les rapports de force et les choix politiques. Pour r\u00e9pondre aux va-t-en guerre qui accusent promptement ceux qui exercent leur capacit\u00e9 de r\u00e9flexion critique, de passivit\u00e9 et de d\u00e9tourner pudiquement le regard des massacres qui sont perp\u00e9tr\u00e9s en Syrie, la r\u00e9ponse est claire : l\u2019alternative n\u2019est pas entre des frappes militaires et ne rien faire. L\u2019alternative c\u2019est entre l\u2019option militaire et la solution politique. Or, il n\u2019y a rien de plus urgent aujourd\u2019hui que de mobiliser toutes les \u00e9nergies pour mettre en \u0153uvre une solution politique. La conf\u00e9rence Gen\u00e8ve II, ou toute autre conf\u00e9rence du m\u00eame type, doit \u00eatre remise \u00e0 l\u2019ordre du jour et r\u00e9unie dans les meilleurs d\u00e9lais. Il faut faire pression pour que l\u2019opposition syrienne d\u00e9signe ses repr\u00e9sentants \u00e0 cette conf\u00e9rence et n\u2019exige plus le d\u00e9part de Bachar Al-Assad comme pr\u00e9alable. C\u2019est dans le cadre de l\u2019ONU qu\u2019il est possible d\u2019obtenir une tr\u00eave dans la guerre civile et de parvenir \u00e0 un compromis qui pr\u00e9serve autant que possible l\u2019unit\u00e9 de la Syrie. La dislocation de ce pays serait, comme nous le voyons aujourd\u2019hui en Irak, la source d\u2019une d\u00e9stabilisation encore plus dangereuse pour l\u2019\u00e9quilibre r\u00e9gional. Il ne faut pas c\u00e9der \u00e0 l\u2019illusion qu\u2019il est possible de renverser militairement Bachar Al-Assad et chacun peut ais\u00e9ment comprendre que des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis mais de rendre beaucoup plus difficile la n\u00e9gociation n\u00e9cessaire. Dans la terrible guerre civile qui ensanglante la Syrie la responsabilit\u00e9 n\u2019est pas de prendre partie pour un camp ou un autre mais de tout faire pour parvenir \u00e0 une solution de transition n\u00e9goci\u00e9e pour, qu\u2019\u00e0 terme, les citoyens de ce pays puissent se doter du r\u00e9gime qu\u2019ils auront eux-m\u00eames choisi.<\/p>\n<p>C\u2019est en refusant toute forme d\u2019unilat\u00e9ralisme occidentaliste et en se fixant des objectifs politiques que la crise syrienne peut encore \u00eatre r\u00e9solue. Il faut pour cela comprendre que la v\u00e9ritable solution politique ne peut se trouver sans l\u2019active participation de Moscou, et, dans une moindre mesure, probablement celle de T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Didier Billion, directeur adjoint de l&rsquo;Institut de Relations Internationales et Strategiques (IRIS), publi\u00e9 le 9 septembre 2013. &nbsp; Il faut promouvoir une solution politique en Syrie Depuis le 21 ao\u00fbt les d\u00e9clarations et les postures guerri\u00e8res se font de plus en plus fortes \u00e0 l\u2019encontre du r\u00e9gime syrien et de probables frappes militaires, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":""},"categories":[55,3,56],"tags":[167,29,101,227,9,10,17,166,12,109],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4162"}],"collection":[{"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4162"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4162\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4167,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4162\/revisions\/4167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4162"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4162"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4162"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}