{"id":4085,"date":"2013-09-08T18:10:21","date_gmt":"2013-09-08T16:10:21","guid":{"rendered":"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/?p=4085"},"modified":"2013-09-08T18:10:42","modified_gmt":"2013-09-08T16:10:42","slug":"la-vie-bertrand-badie-sur-la-syrie-la-force-nest-pas-la-seule-facon-de-punir","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/2013\/09\/08\/la-vie-bertrand-badie-sur-la-syrie-la-force-nest-pas-la-seule-facon-de-punir\/","title":{"rendered":"La Vie: Bertrand Badie sur la Syrie, \u00ab\u00a0La force n&rsquo;est pas la seule fa\u00e7on de punir\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img data-attachment-id=\"4075\" data-permalink=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/2013\/09\/08\/video-3-minutes-pour-comprendre-les-enjeux-energetiques-de-la-guerre-en-syrie\/logo-lavie\/\" data-orig-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-lavie.png\" data-orig-size=\"121,101\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Logo La Vie\" data-image-description=\"&lt;p&gt;Logo La Vie&lt;\/p&gt;\n\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-lavie.png\" data-large-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-lavie.png\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/logo-lavie.png\" alt=\"Logo La Vie\" width=\"121\" height=\"101\" class=\"alignleft size-full wp-image-4075\" \/>Article de l&rsquo;hebdomadaire La Vie, <a href=\"http:\/\/www.lavie.fr\/actualite\/monde\/bertrand-badie-la-force-n-est-pas-la-seule-facon-de-punir-04-09-2013-43686_5.php\" title=\"La force n'est pas la seule fa\u00e7on de punir\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0La force n&rsquo;est pas la seule fa\u00e7on de punir\u00a0\u00bb<\/a>, publi\u00e9 le 4 septembre 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h2>SYRIE. Bertrand Badie: \u00ab\u00a0La force n&rsquo;est pas la seule fa\u00e7on de punir\u00a0\u00bb<\/h2>\n<h5>PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE GUION<\/h5>\n<p>Professeur de relations internationales \u00e0 Sciences Po Paris, Bertrand Badie analyse l&rsquo;attitude des puissances occidentales dans la crise syrienne.<\/p>\n<div id=\"attachment_4086\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4086\" data-attachment-id=\"4086\" data-permalink=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/2013\/09\/08\/la-vie-bertrand-badie-sur-la-syrie-la-force-nest-pas-la-seule-facon-de-punir\/130908-badie\/\" data-orig-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie.jpg\" data-orig-size=\"440,260\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;&#169; Abu Shuja \/ AFP&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie-300x177.jpg\" data-large-file=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie.jpg\" alt=\"&#169; Abu Shuja \/ AFP\" width=\"440\" height=\"260\" class=\"size-full wp-image-4086\" srcset=\"http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie.jpg 440w, http:\/\/culturedelapaix.org\/blogs\/Rennes\/wp-content\/uploads\/130908-badie-300x177.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><p id=\"caption-attachment-4086\" class=\"wp-caption-text\">&#169; Abu Shuja \/ AFP<\/p><\/div>\n<p><strong>Vladimir Poutine a affirm\u00e9, mercredi 4 septembre, qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 \u00ab\u00a0agir\u00a0\u00bb aupr\u00e8s des occidentaux si les preuves de l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques par le r\u00e9gime syrien \u00e9taient convaincantes. Qu&rsquo;en pensez-vous?<\/strong><\/p>\n<p>Est-ce juste une formule rh\u00e9torique? La Russie peut aussi s&rsquo;avancer comme cela parce qu&rsquo;elle est certaine que les preuves ne seront pas probantes&#8230; Il se peut aussi qu&rsquo;un d\u00e9but d&rsquo;accord se profile. Le Kremlin entrerait de mani\u00e8re douce dans le jeu multilat\u00e9ral. Ce serait alors un jeu gagnant pour tout le monde. Pour les puissances occidentales qui clameront que c&rsquo;est parce qu&rsquo;elles ont \u00e9lev\u00e9 la voix que la Russie a entendu raison. Et pour Vladimir Poutine, qui se f\u00e9licitera d&rsquo;avoir dissuad\u00e9 les occidentaux&#8230; Le principe de n\u00e9gociation reviendrait sur le devant de la sc\u00e8ne. Ce qui donnerait raison aux opposants \u00e0 une intervention, qui estiment qu&rsquo;on a trop n\u00e9glig\u00e9 l&rsquo;option de la n\u00e9gociation au profit d&rsquo;un soutien aveugle \u00e0 la r\u00e9bellion syrienne. Il est ainsi \u00e9tonnant de constater que d\u00e8s l&rsquo;origine du drame syrien, la diplomatie n&rsquo;ait eu en t\u00eate que le recours \u00e0 la force et n&rsquo;a jamais cr\u00e9\u00e9 les conditions d&rsquo;une n\u00e9gociation.<\/p>\n<p><strong>Quel type de n\u00e9gociations imaginez-vous?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a eu tr\u00e8s peu d&rsquo;exp\u00e9riences r\u00e9ussies de n\u00e9gociation interne \u00e0 des syst\u00e8mes politiques en voie d&rsquo;implosion et en \u00e9tat de guerre civile. C&rsquo;est une chose que la diplomatie internationale ne sait pas faire. L&rsquo;extr\u00eame complexit\u00e9 de la situation syrienne &#8211; une guerre civile transform\u00e9e en conflit r\u00e9gional et international- rend la chose d&rsquo;autant plus difficile. Qui doit participer aux n\u00e9gociations? Le premier round de n\u00e9gociations nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Gen\u00e8ve 2\u00a0\u00bb (qui doit avoir lieu en octobre mais serait remis en question) a \u00e9t\u00e9 report\u00e9 plusieurs fois parce que personne ne voulait de l&rsquo;Iran. Ensuite, il y a la question de l&rsquo;enjeu. Faut-il renverser le r\u00e9gime? Si c&rsquo;est le cas, cela exclut la pr\u00e9sence du r\u00e9gime syrien \u00e0 la table des n\u00e9gociations&#8230; Or, une n\u00e9gociation a plus de chances d&rsquo;\u00eatre fructueuse lorsque qu&rsquo;elle se base sur les int\u00e9r\u00eats des protagonistes et si chacune des parties n&rsquo;a plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer l&rsquo;option militaire.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquez-vous que Barack Obama prenne la peine de consulter le Congr\u00e8s am\u00e9ricain?<\/strong><\/p>\n<p>Cela a \u00e9t\u00e9 une surprise pour tout le monde. Barack Obama, qui n&rsquo;a pas la majorit\u00e9 au Congr\u00e8s, cherche peut-\u00eatre \u00e0 mettre son opposition au pied du mur. Il a sans doute aussi voulu prendre ses pr\u00e9cautions. Cette intervention est pour lui une aventure tr\u00e8s incertaine, dans laquelle il ne veut pas s&rsquo;engager: celui-ci a sans doute voulu \u00e9viter de d\u00e9clencher un mouvement de contestation dans son propre Congr\u00e8s. Cela pourrait \u00eatre aussi une man\u0153uvre dilatoire, histoire de se donner une semaine ou deux.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9v\u00e9nements de ces deux derni\u00e8res semaines donnent l&rsquo;impression d&rsquo;un certain amateurisme des diplomaties occidentales. Qu&rsquo;en pensez-vous?<\/strong><\/p>\n<p>Effectivement. Les erreurs faites dans la gestion de ce dossier montrent que les d\u00e9cideurs politiques ont du mal \u00e0 int\u00e9grer le param\u00e8tre des opinions et des soci\u00e9t\u00e9s dans leurs choix. Ils se comportent encore comme au XIX\u00e8me ou au XX\u00e8me si\u00e8cle lorsqu&rsquo;il leur suffisait d&rsquo;imposer leur d\u00e9cision \u00e0 leur soci\u00e9t\u00e9. Ils doivent aujourd&rsquo;hui apprendre \u00e0 travailler avec les opinions publiques. Au fil du temps, on d\u00e9couvre aussi que l&rsquo;intervention des puissances dans les crises int\u00e9rieures des pays n&rsquo;est plus la panac\u00e9e. Avec les r\u00e9volutions arabes et aujourd&rsquo;hui la crise syrienne, nous vivons l&rsquo;agonie de l&rsquo;illusion que les puissances peuvent tout r\u00e9gler par l&rsquo;usage de la force. Enfin, il y a eu une confusion dans les objectifs. Tout a \u00e9t\u00e9 m\u00eal\u00e9: la responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger le peuple syrien &#8211; le conflit syrien a fait plus de 100 000 morts en deux ans \u2013 et la volont\u00e9 de punir le r\u00e9gime de Bachar el Assad. Or punir et prot\u00e9ger sont deux choses diff\u00e9rentes. Jamais ces deux th\u00e8mes se sont fait concurrence de mani\u00e8re aussi explicite. D&rsquo;autant que les Am\u00e9ricains ont bien expliqu\u00e9 que le but n&rsquo;\u00e9tait pas de d\u00e9poser Bachar el Assad, ce que celui-ci a d&rsquo;ailleurs certainement compris comme une autorisation discr\u00e8te \u00e0 se maintenir au pouvoir.<\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que le terme \u00ab\u00a0punir\u00a0\u00bb est utilis\u00e9 comme cela&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une rupture avec la th\u00e9matique classique de l&rsquo;intervention. Auparavant, il s&rsquo;agissait de contenir, d&rsquo;arr\u00eater une guerre ou de provoquer un changement de r\u00e9gime. Il y a eu bien s\u00fbr dans le pass\u00e9 des exp\u00e9ditions punitives. Lorsque les Am\u00e9ricains ont bombard\u00e9 la caserne de Kadhafi en 1986 en repr\u00e9sailles de l&rsquo;attentat de Lockerbie, par exemple. Ou bien le bombardement de Khartoum par Bill Clinton en 1998. Mais il s&rsquo;agissait d&rsquo;actions ponctuelles qui ne se r\u00e9f\u00e9raient pas \u00e0 des principes moraux de relations internationales. Nous sommes l\u00e0 en train d&rsquo;inventer une diplomatie de la punition. Or, la punition dans les relations internationales a ses institutions sp\u00e9cialis\u00e9es: la Cour p\u00e9nale internationale, (CPI) cr\u00e9\u00e9e dans ce sens en 1998. La punition sort donc de son cadre institutionnel pour \u00eatre prise en charge par les puissances occidentales.<\/p>\n<p><strong>La France semble en premi\u00e8re ligne de cette \u00ab\u00a0diplomatie de punition\u00a0\u00bb&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Oui, contrairement \u00e0 la Grande Bretagne. Il y a dix ans au moment de l&rsquo;intervention am\u00e9ricaine en Irak, la position \u00e9tait exactement inverse. La France semble m\u00eame davantage va-t-en guerre que les Etats-Unis. Les h\u00e9sitations de Barak Obama ne sont finalement que les r\u00e9flexions sinc\u00e8res du premier pr\u00e9sident des Etats-Unis qui se rend compte que le leadership am\u00e9ricain n&rsquo;est plus omnipotent. Il semble que le nuage n\u00e9oconservateur a quitt\u00e9 les Etats-Unis, stationne d\u00e9sormais sur l&rsquo;Europe et particuli\u00e8rement au-dessus de la France. Les Britanniques, \u00e9chaud\u00e9s par leurs m\u00e9saventures irakiennes, s&rsquo;en prot\u00e8gent. L&rsquo;Allemagne, pour des raisons historiques, \u00e9galement. La France y est particuli\u00e8rement sensible. Ce n&rsquo;est pas une question d&rsquo;appartenance politique. C&rsquo;est une tendance qui a commenc\u00e9 avec Jacques Chirac, s&rsquo;est poursuivie sous Nicolas Sarkozy et a cours aujourd&rsquo;hui avec Fran\u00e7ois Hollande. Ces diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s semblent trouver dans leur identit\u00e9, leurs r\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques de quoi alimenter un n\u00e9oconservatisme \u00e0 la fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Mais la France se retrouve tr\u00e8s seule. C&rsquo;est une position difficile. Sa diplomatie risque de se couper du multilat\u00e9ralisme. D&rsquo;autant que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Ban Ki-moon a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 mardi 3 septembre que c&rsquo;est aux Nations unies et \u00e0 elles seules de d\u00e9cider de l&rsquo;utilisation de la force. Les Etats-Unis ne se sont jamais g\u00ean\u00e9s pour intervenir seuls. Pour la France, c&rsquo;est sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p><strong>Ce qui est en jeu semble \u00eatre la cr\u00e9dibilit\u00e9 des puissances occidentales&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;argument num\u00e9ro 1 pour justifier les frappes. Les Am\u00e9ricains conc\u00e8dent que celles-ci ne feront pas tomber Bachar el Assad , mais ils risquent de perdre leur cr\u00e9dibilit\u00e9 s&rsquo;ils ne frappent pas. Lorsque Barak Obama \u00e9voque une \u00ab\u00a0ligne rouge\u00a0\u00bb comme il l&rsquo;a fait il y a un an, il est ensuite contraint de r\u00e9agir si cette ligne rouge est d\u00e9pass\u00e9e, m\u00eame s&rsquo;il ne le veut pas. Les puissances cherchent avant tout \u00e0 se prot\u00e9ger contre le risque de discr\u00e9dit.<\/p>\n<p><strong>Peut-on parler de nouvelle \u00ab guerre froide \u00bb entre les Etats-Unis et Russie?<\/strong><\/p>\n<p>Non, car nous ne sommes plus dans un contexte de bipolarit\u00e9. De plus, les Russes en ce moment ne sont pas du tout motiv\u00e9s par l&rsquo;instinct de guerre froide, ils ont juste \u00e0 leur port\u00e9e trois victoires faciles. Ceux-ci jouent sur du velours: ils passent pour les d\u00e9fenseurs de la souverainet\u00e9 dans les pays arabes, s&rsquo;offrent \u00e0 bon compte de revenir sur le devant de la sc\u00e8ne internationale. Et peuvent m\u00eame d\u00e9sormais, de mani\u00e8re cynique, d\u00e9noncer le non respect du droit international par les puissances occidentales. Mais, il faut reconna\u00eetre \u00e9galement que Russes et Am\u00e9ricains sont de nouveau face \u00e0 face. Plus que jamais le veto russe au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 prend de l&rsquo;importance. Et ce sont bien les Am\u00e9ricains qui sont les plus \u00e0 m\u00eame de conduire la n\u00e9gociation avec le Kremlin, et non l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p><strong>Faut-il intervenir ou pas?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut se poser les bonnes questions. D&rsquo;abord cette intervention est-elle l\u00e9gale? Pour l&rsquo;instant pas du tout. Or, il est dangereux de contourner la l\u00e9galit\u00e9 internationale. C&rsquo;est contre-productif et cela finit par mettre en danger les institutions internationales. Est-elle l\u00e9gitime? C&rsquo;est le seul argument fort. L&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques par le r\u00e9gime syrien, si elle est av\u00e9r\u00e9e, est insupportable. Mais qui, alors, doit la mener? Le fait qu&rsquo;elle ne serait men\u00e9e que par un petit nombre de puissances occidentales porte atteinte \u00e0 sa l\u00e9gitimit\u00e9. Surtout quelle est la bonne mani\u00e8re de punir? La force n&rsquo;est pas le seul moyen. Or dans cette affaire, toutes les autres possibilit\u00e9s ont pour l&rsquo;instant \u00e9t\u00e9 mises de c\u00f4t\u00e9. Enfin, une intervention sera-t-elle efficace? On ne peut pas d\u00e9truire des armes chimiques. Ce serait un cataclysme. Punir passe alors forc\u00e9ment par de l&rsquo;intimidation. Mais peut-on vraiment intimider un dictateur pr\u00eat \u00e0 tout?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de l&rsquo;hebdomadaire La Vie, \u00ab\u00a0La force n&rsquo;est pas la seule fa\u00e7on de punir\u00a0\u00bb, publi\u00e9 le 4 septembre 2013. &nbsp; &nbsp; SYRIE. 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